Pardon à Alphonse DAUDET pour avoir copié une partie de son titre.
Les humoristes disent qu’on imite ceux qu’on aime, je confirme.

Le départ du troupeau

Un jour de juin, en pleine chaleur, ils étaient tous là pour les voir passer, moi aussi.
On pourrait dire que ce cortège n’avait ni queue ni tête tant il était mouvant et pourtant Dieu sait qu’il y en avait !

Oh peuchère, ne commencez pas à compter, vous vous endormiriez !
Nul doute que cette mignonnette se souviendra avec délice de ce beau moment dans sa jeune vie.Moi même, je ne saurais vous dire le pourquoi du comment, je me suis sentie monter une émotion qui me fit briller les yeux un moment.

Une excitation grandissante, à mesure que passaient les minutes, pouvait se lire dans tous ces yeux rassemblés là sur les bords du cours.

Même la petite reine du tour n’en attire point autant !

Ah combien de ces bêtes auront été ainsi emportées dans les souvenirs, les appareils à images, les mémoires d’enfants et de vieux touristes…


C’est que tout le village fut traversé, et par la route touristique s’il vous plaît ! Diable, cette noblesse ne méritait-elle point cet honneur ?

N’attendons pas que leur laine soit sur nos épaules pour les honorer !

Savaient-ils seulement ce qui serait bientôt devant eux ?

S’attendaient-ils au géant de Provence ?

Ah ces braves bestiaux n’ont jamais eu besoin de potion magique pour aller là haut. L’homme devrait bien les imiter.

Josy de Carpentras